L’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques est présentée comme un enjeu depuis la fin des années 2000. Elle a donné lieu à plusieurs rapports de l’Inspection générale des bibliothèques17 puis d’un rapport de la sénatrice d’Ille-et-Vilaine Sylvie Robert. Rapport qui fait date puisqu’il est, notamment, à l’origine de la possibilité de financer des dépenses liées à l’extension des horaires sur la DGD. En 2014 l’association Bibliothèques sans frontières (BSF) lançait une pétition pour l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques en France, qui a recueilli près de 12.000 signatures. Le président de BSF, Patrick Weil, justifiait ainsi la nécessité d’ouvrir plus les bibliothèques : « une bibliothèque a aujourd’hui bien plus à offrir qu’une collection de livres. Elle donne à chacun libre accès aux nouveaux instruments de l’éducation, de la culture et de l’information, aux technologies et à l’Internet. Pour les étudiants, les lycéens et les salariés elle est un lieu de travail individuel ou de réunion pour monter des projets de recherche, d’association ou d’entreprise. Pour tous ceux qui n’ont pas chez eux accès aux livres, à l’internet, à un espace calme et suffisant pour étudier ou travailler, elle est la pièce en plus indispensable pour construire son avenir. Bien plus qu’une pièce d’ailleurs, elle est, grâce au formidable travail que font les bibliothécaires au quotidien, un espace où chacun peut trouver l’accompagnement nécessaire à son épanouissement personnel, intellectuel et citoyen (…). Les bibliothèques sont le phare de la laïcité. Où peut-on forger ses opinions le plus librement sinon dans les bibliothèques ? » « Phares de la laïcité », cette formule fait écho. Le maire des Mureaux disait récemment que pour lui, l’ouverture de la bibliothèque le dimanche ouvrait une autre voie que l’offre de la religion à ceux qui n’ont rien d’autre à faire ce jour-là. La culture est le meilleur antidote à toutes les voies uniques parce qu’elle est ouverture sur le monde, sur la diversité des mondes.